Augmentation de capital en nature

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en novembre 2020

Sommaire

Vous êtes dirigeant et/ou associé d'une société qui est sur le point de procéder à une augmentation de capital. Cette opération vise des biens en « nature » et non pas en numéraire. Comment fonctionne l'augmentation de capital en nature ? Quelles sont les démarches ? Le point sur la question. 

Augmentation de capital en nature : définition 

Le capital social est la somme des éléments apportés par les associés (en nature, numéraire) lors de la constitution de la société. Il peut être augmenté en cours de vie sociale. Plusieurs possibilités sont alors envisageables. 

Parmi elles, l'augmentation de capital en nature suppose l'apport au capital social d'un actif en nature. Contrairement à une somme numéraire (de l'argent), il s'agit d'un bien matérialisé tel qu'un immeuble ou un fonds de commerce. À l'issue de l'opération, la société devient propriétaire du bien dont la valeur est traduite dans son capital social.

Comment cette opération se déroule-t-elle dans les grandes lignes ? Voyons cela en détail.

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Procédure pour une augmentation de capital en nature

Évaluation de l'apport 

Qui dit bien en nature, dit nécessairement évaluation. Il est en effet nécessaire de pouvoir chiffrer la valeur du bien apporté afin de traduire l'augmentation du capital social de manière chiffrée. 

Ainsi, les associés de la société doivent désigner un commissaire aux apports qui aura pour mission d'évaluer la valeur du bien apporté. Cette désignation est prévue par les textes (article L. 225-147 du Code de commerce pour les SA, article L. 22-10-53 du Code de commerce pour les sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé, et article L. 223-33 du Code de commerce pour les SARL).

Il est en effet précisé « qu 'en cas d'apports en nature ou de stipulation d'avantages particuliers, un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés à l'unanimité des actionnaires ou, à défaut, par décision de justice » (sur requête déposée auprès du président du tribunal). 

La mission du commissaire aux apports est simple : il apprécie la valeur du ou des apports en nature (ainsi que les droits particuliers éventuels auxquels ils donnent droit). Il engage sa responsabilité. 

Une fois établi, le rapport est laissé à disposition des associés pour information. Il doit être disponible au moins 8 jours avant la tenue de l'assemblée générale extraordinaire (AGE) décidant de l'opération. 

Vote de l'augmentation de capital en nature 

Une fois le rapport établi, l'assemblée générale extraordinaire se réunit afin de voter l'augmentation de capital en nature. Si elle retient l'évaluation, l'AGE valide ainsi le rapport du commissaire aux apports. 

Une fois le vote de l'augmentation de capital effectif,  le ou les apports sont intégrés au sein du capital social. En contrepartie, le ou les apporteurs reçoivent des parts sociales ou actions correspondant à la valeur retenue. 

Démarches auprès du greffe / CFE

Le dépôt du dossier d'augmentation de capital doit être déposé auprès du service compétent du greffe / Centre de formalités des entreprises (CFE). 

Selon le type de société, il conviendra d'accomplir une ou plusieurs démarches (un dépôt préalable du rapport du commissaire aux apports peut ainsi être exigé par le greffe, notamment pour les SARL et SA, avant la remise de l'intégralité du dossier pour modification du capital social). 

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Attention à la fraude 

L'apport d'un bien en nature ne doit pas être surévalué en rapport à la réalité. À cet égard, l'article L. 241-3 du Code de commerce prévoit un emprisonnement de 5 ans et d'une amende de 375 000 € pour « le fait, pour toute personne, de faire attribuer frauduleusement à un apport en nature une évaluation supérieure à sa valeur réelle ». Le commissaire aux apports engage donc sa responsabilité sur ce fondement. 

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