Régime de faveur des fusions

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

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Les fusions entre sociétés doivent en principe supporter d’importantes conséquences fiscales. Cependant, afin de ne pas décourager de telles opérations, le législateur a prévu un régime de faveur des fusions. Celui-ci neutralise les conséquences fiscale et comptable de la fusion.

Régime de droit commun avant le régime de faveur

Les sociétés procédant à des opérations de fusion sont en principe soumises à d’importantes conséquences fiscales et comptables.

En effet, pour les sociétés absorbées, c’est-à-dire celles fusionnées puis dissoutes, l’opération de fusion engendre toutes les conséquences fiscales d’une cessation d’entreprise.

La cessation d’entreprise entraîne :

  • tout d’abord l’imposition immédiate des bénéfices d’exploitation de la société absorbée n’ayant pas encore fait l’objet d’une imposition ;
  • de plus, toutes les provisions ayant été précédemment déduites du résultat fiscal de la société sont reprises. Cette reprise constitue un produit imposable pour la société absorbée ;
  • de même, toutes les plus-values latentes sur les actifs de l’absorbée se cristallisent et deviennent imposables.

Il faut également noter les conséquences fiscales non négligeables que doit supporter la société absorbante, c’est-à-dire celle résultant de la fusion :

  • en matière de droits d’enregistrement. Pour ceux-ci, la société absorbante doit s’acquitter d’un droit fixe de 250 € ou d’un droit proportionnel de 4,80 %, selon qu’il s’agisse d’un apport à titre onéreux ou non ;
  •  les actionnaires de l’absorbée font également l’objet, en principe, d’une imposition. En effet, l’acquisition des titres de l’absorbante en échange de l’apport des titres de l’absorbée est susceptible d’engendrer une plus-value taxable.
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Régime de faveur des fusions : définition

Cependant, afin de ne pas décourager les opérations de restructuration des sociétés, courantes dans la pratique des affaires, le législateur a mis en place un régime de faveur pour les fusions, prévu aux articles 210-0 A et suivants du Code général des impôts.

Ce régime de faveur est optionnel. Seules peuvent s’en prévaloir les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés.

Le régime a pour objectif de geler les conséquences fiscales de l’opération de fusion et rendre celle-ci neutre.

Les plus-values d’apport peuvent bénéficier d’un sursis d’imposition.

Concernant les provisions, celles-ci ne sont pas reprises et donc pas imposées si elles conservent leur objet.

Les plus-values latentes sur les éléments d’actif apportés lors de la fusion sont exonérées.

Néanmoins, la rétroactivité fiscale de l’opération de fusion permet de neutraliser cette conséquence.

En effet, la rétroactivité permet à la société absorbante d’enregistrer dans ses propres résultats le bénéfice réalisé par la société absorbée à compter de la date d'effet rétroactif choisie. La plupart du temps, la date choisie est celle du premier jour de l’exercice comptable de la société absorbée

Les personnes physiques actionnaires ou associés de l'absorbée bénéficient d'un sursis d'imposition de plein droit.

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