Cession d'une entreprise individuelle

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en novembre 2021

Sommaire

Vous exploitez une entreprise de manière individuelle. Vous souhaitez la vendre ? Quelles seront vos démarches et les conséquences de cette cession ?

Définition et principes de la cession de l'entreprise individuelle

Une entreprise individuelle est celle exploitée de manière indépendante, en dehors de la présence d'autres personnes associées. En droit français, elle se traduit par ce que l'on appelle une exploitation en « nom propre », par la constitution d'un fonds de commerce ou d'un fonds artisanal. L'exploitant ne crée pas de société nouvelle pour exercer son activité : il n'y a pas naissance d'une personne morale différente. Il exploite directement lui-même son fonds.

À côté de ces « fonds » de commerce et artisanaux, l'on peut également considérer que les micro-entrepreneurs exploitent une entreprise individuelle. Au regard du chiffre d'affaires limité de ce statut, les activités sont souvent difficilement cessibles en « globalité », d'autant plus qu'elles sont liées à la personnalité et aux compétences propres de l'entrepreneur.

Démarches et procédure

Tout dépend de la forme sous laquelle l'activité est exploitée. 

Cession d'un fonds de commerce

Si l'on prend l'exemple de la vente d'un fonds du commerce, voici les principales démarches à accomplir :

  • Tout d'abord, la cession implique la mise en vente ou l'information transmise de la volonté de céder son activité par l'entrepreneur. Celle-ci passe, selon les secteurs, par différents interlocuteurs privilégiés (réseau de fournisseurs, agents immobiliers spécialisés dans la vente de fonds de commerce, etc.) ;
  • Une fois le repreneur trouvé et l'accord sur le prix de vente entendu, il convient de réaliser un acte de vente par écrit, pas nécessairement notarié.
  • Cet acte doit être enregistré auprès de l'administration fiscale. Une publication sur un support habilité à recevoir des annonces légales (publication de presse ou service de presse en ligne) doit également être effectuée afin de respecter le droit à l'information des créanciers.

La publication doit mentionner les informations suivantes :

  • si l’acte n’est pas authentique, la date, le volume et le numéro de la perception auprès de laquelle l’acte est enregistré ; 
  • la date de l’acte ;
  • le nom, prénom et domicile des anciens et nouveaux propriétaires s’il s’agit de personnes physiques, leur dénomination ou leur raison sociale s’il s’agit de personnes morales ;
  • la nature et le siège du fonds ; 
  • le prix stipulé, y compris les charges ou l'évaluation ayant servi de base à la perception des droits d'enregistrement ; 
  • le délai d’opposition des créanciers ;
  • l'élection de domicile dans le ressort du tribunal.

La publicité dans les annonces légales doit intervenir dans les 15 jours de la date de l’acte de cession (décret n° 2020-106 du 10 février 2020).

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Cession d'un fonds artisanal

Dans un autre registre, l'on peut également céder son fonds artisanal. Une telle activité peut être, depuis la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996, constituée sous la forme d'un fonds « artisanal » suivant le modèle prévu pour le fonds de commerce. Toutefois, la où le fonds de commerce ne peut être que cédé en intégralité, le fonds artisanal est soumis au régime de droit commun du Code civil. Ainsi, il est possible, pour l'artisan, de céder les éléments composant ce fonds artisanal ensemble ou séparément.

Cession d'une clientèle civile

Un autre cas spécifique doit être mentionné : celui de la cession de la clientèle civile pour les professions libérales, notamment médicales, désormais autorisée.

Effets et fiscalité de la cession de l'entreprise individuelle

L'exploitant doit procéder à une cessation d'activité auprès des organismes dont dépend son activité. Il peut s'agir du CFE (centre de formalités des entreprises), du greffe du tribunal de commerce ou d'un autre organisme. Tout dépend de l'activité. Cette déclaration entraîne la radiation de l'entreprise et la fin définitive de l'exploitation. Un formulaire spécifique, pour les commerçants et artisans doit être rempli (Cerfa n° 11679).

Sur le plan fiscal, la cessation d'activité entraîne l'imposition immédiate de plusieurs éléments : les bénéfices ou recettes réalisées depuis le dernier exercice, les bénéfices en sursis d'imposition et surtout les plus-values réalisées sur la vente des immobilisations. Les résultats sont imposés d'après le régime du bénéfice réel normal ou simplifié selon le choix préalable du cédant de l'entreprise. La déclaration doit être télétransmise suivant un délai de 60 jours à compter de la cessation d'activité. Elle entraîne le paiement de la TVA pour ceux qui y étaient soumis, dans un délai de 30 à 60 jours, selon le régime choisi.

Il existe un régime spécial qui permet l'exonération des plus-values réalisées lors de la cession d'une entreprise individuelle. Il est prévu par l'article 238 quindecies du Code général des impôts. Selon ce dispositif, les plus-values réalisées dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole à l'occasion de la transmission d'une entreprise individuelle sont exonérées soit en totalité, soit en partie selon les cas. L'activité doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans.

Pour bénéficier de l'exonération totale, les éléments de l'entreprise individuelle ne doivent pas être évalués à plus de 300 000 € hors taxes. Une exonération partielle demeure possible dès lors que la valeur des biens cédés est comprise entre 300 000 et 500 000 €.

Le dispositif est complexe. Il est exclusif d'autres régimes comme celui prévu par l'article 41 du Code général des impôts permettant un report d'imposition des plus values. Il est également incompatible avec un autre avantage prévu par l'article 151 septies du même code. Cet article ouvre, entre autres, le bénéfice de l'exonération fiscale des plus values aux « autres activités ou titulaires de bénéfices non commerciaux ». La totalité de la plus-value peut être exonérée dès lors que le montant des recettes annuelles de l'entreprise cédée sont inférieures à 90 000 €. Il convient donc d'opter pour le bon régime auprès de l'administration fiscale, en fonction de la situation.

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