Liquidation judiciaire simplifiée

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en septembre 2021

Sommaire

La liquidation judiciaire est la procédure qui met fin à la vie de la société dont l'état de cessation des paiements est avéré. Ce zoom fait le point sur la procédure.

Liquidation judiciaire simplifiée : notions générales

La cessation des paiements est le fait de ne plus pouvoir faire face à son passif exigible (dettes) avec son actif disponible.

La liquidation judiciaire intervient devant le tribunal de commerce de 2 façons :

  • sur demande de la société elle-même : par une déclaration de cessation des paiements ;
  • sur demande d'un créancier de la société : par une assignation en justice.

Tout dirigeant d’une société en état de cessation des paiements doit déclarer cet état au greffe du tribunal compétent dans les 45 jours qui suivent la cessation des paiements. Il doit également solliciter, s’il ne fait pas l’objet d’une procédure de conciliation, l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.

La procédure de liquidation judiciaire est souvent longue et complexe. Ce pourquoi, le législateur est venu aménager un régime simplifié ouvert sous certaines conditions.

Régime de la liquidation judiciaire simplifiée

La liquidation judiciaire est obligatoire lorsque l'entreprise :

Par ailleurs, la loi Pacte n° 2019-486 du 22 mai 2019 a généralisé la liquidation judiciaire simplifiée pour les TPE. Ainsi, pour les procédures ouvertes depuis le 23 novembre 2019 (décret n° 2019-1208 du 21 novembre 2019), la liquidation judiciaire simplifiée est aussi obligatoire pour les entreprises qui :

  • n'emploient pas plus de 5 salariés ;
  • ont un chiffre d'affaires inférieur ou égal à 750 000 €.

Compte tenu de la crise économique liée à l'épidémie de covid-19, l'ordonnance 2020-596 du 20 mai 2020 a supprimé temporairement les seuils ci-dessous. Cette suppression des seuils a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2021.

Dès lors jusqu'au 31 décembre 2021, toute entreprise dont le redressement est impossible et qui ne possèdent pas de biens immobiliers peut faire l'objet d'une liquidation simplifiée (Loi d'accélération et de simplification de l'action publique définitivement votée le 28 octobre 2020, art. 124).

Dispositif de la liquidation judiciaire simplifiée

La procédure de liquidation judiciaire simplifiée est prévue par les articles L. 644-1 et suivants du Code de commerce.

Principales caractéristiques

Les caractéristiques principales de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée sont les suivantes :

  • Il n'est procédé qu'à une vérification des créances salariales et de celles déclarées susceptibles d'être réglées au vu de l'actif disponible.
  • Le mandataire liquidateur procède à la vente des biens mobiliers (équipements, matériels...) de "gré à gré" (vente amiable) ou aux enchères publiques sous un délai de 4 mois à compter de l'ouverture de la procédure.
  • La publicité des opérations est simplifiée.
  • La clôture de la procédure ne peut intervenir plus d'une année après son ouverture (ce délai est ramené à 6 mois en cas de procédure dite obligatoire).

Intérêt de cette procédure

Une procédure de liquidation judiciaire peut être très longue : son issue dépend à la fois de la vente des biens disponibles et de la vérification des créances. Toutefois, le tribunal peut être saisi d'une demande de clôture par tout créancier à l'expiration d'un délai de 2 ans après le jugement d'ouverture (article L. 643-9 du Code de commerce).

Depuis le 1er novembre 2019, les travailleurs indépendants et certains dirigeants non titulaires d'un contrat de travail peuvent bénéficier, sous conditions, d'une indemnisation chômage avec l’allocation des travailleurs indépendants (ATI) en cas d'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire ou de redressement judiciaire avec éviction du dirigeant (article 51 de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018). Les conditions d'octroi de cette allocation (versement, durée, montant, etc.) ont été définies par le décret n° 2019-796 du 26 juillet 2019 et le décret n° 2019-976 du 20 septembre 2019.

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